zoulie

zoulie
Voici quelques petites phrases d'auteurs de philisophes de présidents (...) qui m'ont particulièrement plues, ça eut etre aussi un bout d'un récit qui me tient particuliérement à coeur. Je me suis arrétée dans ma lecture pour les noter et vous en faire part,
J'en rajouterais au fur et à mesure.


"...Avoir peur c'est quelque chose d'effroyable, une sensation atroce, comme une décomposition de l'ame, un spasme affreux de la pensée et du coeur, dont le souvenirs seul donne des frissons d'angoisse..."
Maupassant.

"...La plus violente douleur qu'on puisse éprouver, certes, est la perte d'un enfant pour une mére, et la perte de la mére pour un homme."
Maupassant.

"...Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée.
Eh! Qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour ? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée interminable, qui s'écoule si lentement et si vite ? Qu'est-ce que cette échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud ?
Apparemment ce n'est pas la souffrir.
Ne sont-ce pas les mêmes convulsions, que le sang s'écoule goutte à goutte, ou que l'intelligence s'éteigne pensée à pensée ?
Et puis on ne souffre pas, en sont-ils si surs ? Qui le leur a dit ?
Conte-t-on que jamais une tête coupée se soit dressée sanglotante au bord du panier et qu'elle ait crié au peuple : cela ne fait pas mal !
Y'a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : c'est bien inventé. Tenez-vous en la. La mécanique est bonne.
Est-ce Robespierre ? Est-ce Louis XVI ?...
Non rien ! Moins qu'une minute, moins qu'une seconde et la chose est faite. Se sont-ils jamais mis, seulement en pensée, à la place de celui qui est la, au moment où le lourd tranchant qui tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les vertèbres
..."
Victor Hugo.

"...On n'a jamais entendu parler de quelqu'un se plaignant d'étre mort..."
Jostein Gaarder

"Tu dois aimer ton prochain comme toi même parce que tu es ton prochain."
radhakrishman

"Nous n'avons rien à craindre des dieux.
La mort ne mérite pas qu'on s'en inquiète.
Le bien est facile à atteindre.
Le terrifiant est facile à supporter."

Epicure

"Quand vient votre derniére heure, vous abandonnez toute fierté"
Erik Orsenna

"Les mots sont de vrais magiciens. Ils ont le pouvoir de faire surgir à nos yeux des choses que nous ne voyons pas."
Erik Orsenna

eliz.



bon à mon tour maintenant,

On n'est pas maître, mais esclave de son arme. (Andrée Chedid, le message)

Qu'est-ce-que l'histoire sinon violence, instinct prédateur et désir de domination depuis les origines ? (ibid)

De peuples à peuples, de familles à familles, qu'est elle d'autre la vie, que batailles, où la vanité, l'orgueuil, la course au pouvoir et à ses avantages devient les leviers de l'existence.(ibid)

La connerie n'a pas de frontière, c'est pour ça que tous les hommes sont frères

Les dos sont les vrais visages des gens, ce sont des visages qu'ils ne pensent pas à cacher, ce sont leurs visages quand ils nous quitent, quand ils s'éloignent de nous. (Christian Bobin, Isabelle bruges)

Desespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la jeunesse pour lui, avec lui. (Christian Bobin, La plus-que-vive)

Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n' ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. (Christian Bobin, interview)

Cette vie est un hopitâl où chaque malade est possédé du désir de changer de lit. (Céline, voyage au bout de la nuit)

Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop.(Céline, voyage au bout de la nuit)

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. (martin luther king)
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# Posté le jeudi 17 août 2006 11:03

Modifié le dimanche 28 janvier 2007 05:36

Ecrivez un texte sur le modèle de Cyrano de Bergerac, de Lu Huang Augustin, 2006 (

Ecrivez un texte sur le modèle de Cyrano de Bergerac, de Lu Huang Augustin, 2006 (
Et voici un autre écrivains en herbe qui a eu la gentillesse de nous taper une de ses rédactions ! Merci, d'avoir pris un petit moment pour le taper et surtout, tous autant que vous êtes, n'hésitez pas à prendre exemple et à nous envoyer vos écrits ! Bon maintenant je laisse la parole à Augustin qui a l'air d'être calé pour ce qui est de la poésie !

sujet : A la manière de Cyrano de Bergerac dans l'oeuvre de Edmond Rostand,
dans la célèvre tirade des nez, Vous présentez un élément physique pour
convaincre votre interlocuteur que vous avez plus d'esprit que lui ...

P-S ; j'ai pris un " gros" et " grand " mais je suis ni gros ni grand lol
mdr
J'ai pris l'initiative de faire ce texte en alexandrin et en rime suivi ...
Mais il y a des erreur au niveau de la césure de l'hémistiche de certain
vers ;) enfin bon je n'ai pas le talent de Rostand...


Le viconte : Vous êtes... heu... Vous ëtes très grand et très gros !

Moi (imperturbable) : Très

Le Vicomte : (tout sourire) : AH !

Moi : C'est tout ?

Le Vicomte : Mais...

Moi : Ah ! Non ! Monsieur, c'est bien trop court là !
Si vous n'auriez-eu goutte à l'imaginative,
Vous auriez pu me dire bien des choses vives !
Mais du fait de votre médiocre intelligence,
Vous m'avez porté cette insignifiante offense.
Je vais donc vous montrez comment doit-on s'y prendre ;
En variant le ton pour mieux vous pourfendre !

Douteux :" Est-ce une personne? Ah non ! C'est trop grand !
Troll, monstre...? Eh ! Qu'êtes vous à part un géant parlant ?!"

Prévenant : " Quel poids ! Assurez-vous d'attacher
Des lits entiers sous vos pieds lorsque vous marchez,
Sinon vous risquerez des seismes répétés !"

Grincheux :" Diantre ! Nous sommes quand même en été !
Alors canaille, ôte-toi de mon beau chemin
Pour que lumière d'appolon me touche enfin !"

Larmoyant : " Evitons les victimes ! Oh ! De grâce !
Car si vous êtes en mer, l'eau n'aura plus sa place ...
Puis surgiront des cataclysmes torrentiels
Comme des raz-de-marée qui vont jusqu'au ciel !!"

Commerçant :" Bon sang ! Si j'étais restaurateur,
je serais riche car en même pas une heure,
Vous devez ingurgiter plus que dix clients.
Que dis-je ?! Vous avalez mieux qu'un régiment !

Compatissant : " Comment de votre grande pression,
Ce lit n'explose pas ou crie divers jurons ?
Ou vous lui avez tellement cassé les pieds
Que ce guerrier est devenu handicapé ?
Oh rage ! Oh desespoir ! Qu'éprouve ce grand lit !
Il supporte le poids d'un fardeau chaque nuit..."

Voila ce que vous auriez pu me dire, mon cher.

Le Vicomte : ( le poing serré ) : ...

Moi : Très bien ! Quand on est battu , il vaut mieux se taire !


FIN-

signé : Lu Huang Augustin

Voilà j'espère que cette petite scène vous a plu. Si vous voulez joindre l'auteur, voici son adresse e-mail : firenddragon@hotmail.com

# Posté le samedi 27 mai 2006 04:58

Modifié le dimanche 22 juillet 2007 10:08

Claude Gueux de flora, avril 2006 (Imaginez un dialogue au cours duquel le directeur de la prison se moque du grand appétit de Claude Gueux)

Claude Gueux de flora, avril 2006 (Imaginez un dialogue au cours duquel le directeur de la prison se moque du grand appétit de Claude Gueux)
Claude semblait s'être enfermé dans un silence immuable depuis que le directeur de la
prison avait fait mander Albin quelques heures auparavant. Ces heures, avaient paru interminables à
Claude qui était assis sur un muret humide. Il ne quittait pas des yeux sa livre et demie de pain et
ses quatre onces de viande tandis que les autres prisonniers déjeunaient et bavardaient, tous
ensemble à l'autre bout du préau. Ou plutôt devrais-je dire que c'était Claude qui s'était mis à
l'écart. En effet, les autres prisonniers, qui appréciaient sa présence, étaient venus lui dire de se
joindre à eux, mais, devant le mutisme de Claude, ils étaient tous repartis, sachant qu'il était inutile
de discuter. Claude, digne et grave comme à son habitude, était donc seul, prostré dans le silence
sous le sombre préau à l'odeur de moisi, lorsque le directeur de la prison l'aborda. Cet homme têtu,
persuadé que la ténacité dont il faisait toujours preuve était une qualité, avait un visage terne,
dénué de toute expression, qui n'était pas sans rappeler l'austérité de la prison de Clairvaux. Il
s'accordait parfaitement avec son lieu de travail. Il traversa donc la cour déserte d'un pas sûr et
pénétra sous le vieux préau de pierres noires avec un large sourire aux lèvres. Il s'approcha du
prisonnier dont les yeux doux étaient aujourd'hui empreints de tristesse et s'adressa à lui sur le
ton de la conversation :

- Alors, notre grand mangeur serait-il au régime ?
Claude, leva lentement la tête vers le visage moqueur du directeur et demanda :
- Où est Albin ?
- Ce n'est pas la réponse à la question que je t'ai posée. Je m'inquiète de ta santé, tu pourrais tout de
même m'en remercier, répliqua le directeur en regardant Claude d'un air qui se voulait outré mais
où on pouvait distinguer le sourire mauvais de celui qui aime à faire souffrir. Alors, réponds moi. Pourquoi ne manges-tu pas ?
- Je n'ai pas faim, mentit Claude, d'une voix morne.
- Toi ! Tu n'as pas faim ? Alors que d'habitude, tu manges la moitié de la part de ton camarade ?
s'esclaffa t-il. Ne te moque pas de moi !
- Je pourrais vous retourner la remarque, monsieur le directeur, fit remarquer Claude, d'une voix
glacée qu'il s'efforçait de ne pas rendre irrespectueuse.
- Je ne me moque pas de toi, je n'oserais pas, dit-il d'une voix mielleuse avant de reprendre d'un ton
goguenard :
- Je te fais juste remarquer que tu n'es qu'un gouffre à nourriture, que tu mangerais la portion de tous tes camarades si on te laissait faire. Tu as d'ailleurs déjà commencé à affamer ce pauvre Albin en lui volant la moitié de sa portion.
- Je ne lui vole rien, rétorqua Claude, toujours calme. C'est lui qui me l'a proposée.
- Je te dis que tu la lui voles ! Elle est à lui, tu n'as donc pas à la lui prendre ! Il n'y a pas à discuter. Seulement voilà, tu es pire qu'un ogre, tu as toujours faim, ce n'est pas étonnant que tu aies été obligé de voler pour nourrir ta famille. Si tu mangeais tout ce que tu gagnais, ta femme et ton enfant devaient avoir bien faim. Et d'ailleurs, qui me dit que tu as volé pour eux ? Peut-être est-ce que tu avais envie de tout garder pour toi. Cela ne m'aurait pas étonné tellement tu es égoïste lorsqu'il s'agit de manger .
- Je ne suis pas égoïste, j'ai faim. affirma Claude d'une voix atone.
- Tu as faim, tiens donc ! Est-ce une excuse suffisante pour abandonner sa famille, pour obliger sa femme à se faire fille publique ? Et maintenant que nous avons la bonté de t'offrir à manger, tu ne daignes même pas toucher à ta nourriture ! N'est ce pas aberrant ? se moqua le directeur qui ne pouvait empêcher un petit sourire de satisfaction de naître à la commissure de ses lèvres.
- Je n'ai pas abandonné ma famille, c'est à cause des gens de votre espèce que ma femme en est arrivée là. Si vous ne m'aviez pas fait prisonnier, nous vivrions comme avant, se justifia Claude, qui, depuis qu'il était arrivé à la prison de Clairvaux n'avait jamais fait preuve d'autant de verve avec le directeur.
- Sauf que tu as volé pour satisfaire ton estomac affamé. Tout est la faute de ton appétit grotesque. Tu as toujours faim, je suis sûr que si un de tes camarades mourait ; et pourquoi pas Albin, ajouta t-il avec perversité, tu te jetterais dessus pour le dévorer.
- Où est Albin ? se contenta de répondre Claude qui savait pertinemment que le seul but du directeur était de l'énerver en le provoquant par ses moqueries ; il n'avait pas l'intention de laisser ce plaisir à cet homme qui se délectait du malheur des autres.
A ces mots, le directeur, comprenant qu'il n'atteindrait pas son objectif, tourna les talons et partit, feignant l'indifférence.
C'était la première fois que quelqu'un venait à bout de sa ténacité.

# Posté le vendredi 12 mai 2006 13:23

Le chiendent de emilie, 2006 ( écrire la suite du texte de raymond queneau )

Le chiendent de emilie, 2006 ( écrire la suite du texte de raymond queneau )
Voilà alors comme promis on met les histoires d'autres personnes pour diversifier un peu le site. Merci de nous avoir passé cette histoire Emilie ! Alors voilà ce qu'il y a en rouge, c'est le texte d'origine de raymon Quenaud et le reste, c'est la suite d'Emilie !
Et j'espère que vous serez nombreux à nous passer vos oeuvres lol !

Depuis qu'elle avait vu un homme écrasé, vers les cinq heures de l'après-midi, devant la gare du Nord, Mme. Cloche était enchantée. Naturellement elle disait qu'elle n'avait jamais vu une chose plus horrible que ça ; et il devait en être ainsi, car le pauvre Potice avait été soigneusement laminé par un autobus. Par une série de hasards soigneusement préparés, elle se trouva assise, vers la même heure, en face du même endroit, à la terrasse d'un café qu'une bienheureuse coïncidence avait justement placé là. Elle commanda-t-une camomille, et patiemment, attendit que la chose se renouvelât. Pour elle s'était fini ; elle serait tous les jours là, à guetter un accident. Absurdement, cette ligne de trottoir à trottoir que Potice n'avait pu parcourir jusqu'à son extrémité, absurdement cette ligne lui paraissait maintenant devoir attirer le sort, ou le destin, ou la fatalité. Là s'était passé quelque chose d'épouvantable : de la cervelle jaune sur l'asphalte ; là devait indéfiniment et inexplicablement se renouveler les accidents horribles et madame Cloche adorait l'épouvantable et l'horrible. La camomille était tiède et le sucre rare ; le garçon en fut informé sans aucun ménagement. Elle enleva sa pèlerine car il faisait bien chaud et se nettoya la face avec un grand mouchoir à carreaux gris ; les consommateurs évitaient de regarder cette cliente. Elle attendait.
Il y eut deux taxis dont les ailes s'accrochèrent et un autre qui attrapa une contravention pour une raison futile. Mais ce fut tout. Pendant une heure, des milliers d'autos, des milliers de piétons suivirent leurs chemins respectifs, sans aucun désordre grave. Par vagues, les bipèdes et quelques rares quadrupèdes se jetaient dans la gare ; par vagues, les bi-, tri-, et quadricycles défilaient. Mais il ne se passa rien.
La camomille était bue depuis longtemps et la mère Cloche désappointée ; alors elle eut une idée : cesser de penser à cet accident, peut-être que comme ça, il s'en produirait un autre.

De ce fait elle partit ; non sans quelques regrets mais il le fallait. Sa conviction lui indiquait la marche à suivre.
Dans son cerveau malade, cette idée trônait, elle s'essayait à l'éviter mais elle revenait sans cesse. Cette envie d'horreur la hantait.
Tout en marchant au travers de la foule parisienne, elle marmonnait des paroles inintelligibles pour les passants. Dans son délire, elle ne remarquait pas les regards furtifs des promeneurs. Ceux-ci la regardait d'une façon répugnante, non pas à cause de son physique, qui était exemplaire pour une femme âgée d'une trentaine d'année qui ne laissait aucune ride être entrevues, elle passait plusieurs heures chaque matin à maquiller son visage, fond de teint, crème anti-rides . . . Tout y passait, elle étalait ses produits d'une façon si excessive qu'elle devait se réapprovisionner toutes les semaines.
Elle avait de superbes yeux verts qu'elle cachait sous un chapeau fleuri mettant en valeur ainsi le reste de ses vêtements.
Elle affectionnait particulièrement les jupes anglaise. Hormis l'excentricité de mélanger et de porter tous ces bijoux à la fois c''était une femme assez ordinaire sans mari ni enfants. De toute façon les enfants, elle les détestait.

Il y eut une femme fort âgée qui traversa un passage piéton et qui fut renversée par un convoi de billets de banque, qui, poursuivi par d'avides voleurs, s'était lancé dans une course effrénée sans se soucier justement de cette grand-mère.
Elle fut projetée quelques mètres plus loin, s'en était fini pour elle.

Madame Cloche accourut les bras battants l'air comme si elle allait s'envoler, son coeur palpitait, elle adorait cette sensation.
Elle arriva devant l'endroit tant redouté car elle s'était mise à penser qu'il ne fallait pas qu'elle y retourne. Mais c'était plus fort qu'elle, elle demanda au garçon les circonstances de l'accident :
- "Que s'est-il passé ! " s'écria-t-elle sans ménagement. Le garçon fut pris d'une vive angoisse en revoyant la femme.
- " Une personne âgée est morte suite à cet accident, c'est tout ce que je sais, maintenant laissez moi travailler je vous pris." déclara le garçon avec beaucoup d'autorité afin qu'elle parte. Mais elle répondit :
" Que s'est-il passé ?" sans comprendre que le serveur lui avait déjà répondu. Le serveur commença à la menacer connaissant ses troubles mentaux.
" Madame je vous conseille de rentrer chez vous afin de vous mettre les idées au clair ! " lança-t-il en s'étonnant lui-même de son comportement. Essayant toujours de raisonner la jeune femme il appela un de ses collègue et lui demanda de convoquer les agents de la sûreté afin qu'ils emmènent cette pauvre femme là ou elle devait être.

Cette entrevue fut très courte et ne dura que le temps de ces paroles, madame Cloche fut emmenée au commissariat mais on la relâcha quelques heures plus tard car elle avait retrouvé toute sa raison et n'avait pas enfreint la loi en posant sa question !

# Posté le jeudi 11 mai 2006 14:54

Modifié le vendredi 18 août 2006 12:24

immortalité de Flora, mai 2006

immortalité de Flora, mai 2006
Il fait nuit, ou plutôt, il fait sombre. L'époque où l'on distinguait la nuit du jour est révolue depuis de trop nombreuses années. Et après tout, cela nous importe peu dans une société où le temps n'a plus aucune valeur, extensible à l'infini. Le soleil est sans cesse caché par un énorme nuage noir que nous n'avons cessé de fabriquer depuis des centaines d'années.
Je serais bien incapable de dire depuis quand les rayons du soleil n'ont pas brûlé ma peau.
Pour moi, la vie s'est arrêtée dans les années 3056, et pourtant j'écris ces mémoires. Je suis vivante. Si toutefois on peut qualifier de vivante une personne qui a presque mille an, une personne qui n'a plus aucune joie de vivre et qui ne peut même pas espérer être libérée par la mort. Je suis quasiment réduite au stade de machine. Machine qui dort à l'aide de somnifères, mange des aliments conditionnés en gélules et vit dans un appartement qui tombe en ruine. Je reste cloîtrée chez moi, sans aucun contact extérieur, écoeurée de voir toujours les mêmes personnes qui elles aussi au court de ces longues années sont devenues mornes.
Personne sans doute ne lira jamais ces mémoires. Personne ne s'intéresse plus à rien. Il n'y a plus d'artiste, plus de poètes, plus d'écrivains. Tous ces divertissements simples n'existent plus, ont été rayés de la planète terre. Je me demande d'ailleurs où je trouve la force d'écrire ces mémoires après ces siècles d'apathie. Peut-être ai-je seulement envie d'expliquer ce que l'humanité a fait pour mériter de vivre dans cet enfer, avant de tout oublier.
Pour ne pas perdre espoir dans cette société que je connais par coeur, je me remémore souvent mon passé, mon autre vie comme je l'appelle. Vie où l'on pouvait mourir, où tous les jours étaient faits de nouvelles découvertes.
Tout a commencé le 5 février 3056. Ce jour là était un grand jour pour l'humanité.
A l'époque je devais avoir 35 ans. J'étais une jeune femme heureuse et j'attirais souvent les regards sur mon passage tant par ma beauté que par mon esprit. Je m'apprêtais à connaître le plus beau cadeau qu'une femme puisse recevoir : un enfant.
Ce soir là, je rentrais chez moi après une longue journée passée devant ma classe de CM1. Je conduisait ma voiture volante qui tranchait l'air à une vitesse grisante tout en regardant la télévision comme à mon habitude. Celle-ci était projetée sur le pare-brise grâce à un canon à électrons situé sur les places passagers. La loi autorisant ce type d'appareil avait paraît-il, eu du mal à passer à cause de la diminution de concentration que cela amènerait. Finalement, les parlementaires avaient fini par se rendre à l'évidence que l'utilisateur, une fois qu'il avait programmé son itinéraire, n'avait plus à s'occuper de rien. Grâce aux progrès de l'électronique, la voiture s'autogérait. J'étais donc en train d'écouter le présentateur d'une oreille distraite lorsqu'un mot me fit relever la tête. Immortalité. Le présentateur qui d'habitude, m'était plutôt antipathique, arborait un large sourire. Il venait d'annoncer que la gélule d'immortalité avait été découverte par un certain Arnold Smuck, éminent scientifique qui avait voué sa vie à la recherche. Une fois descendue de la voiture je me ruai dans notre maison pour annoncer cette extraordinaire nouvelle à mon mari. Mais lorsque je fis irruption dans le hall, je le vis, aussi euphorique que moi, en train de commander ce remède miracle et gratuit par internet.
Quelques secondes plus tard il arriva dans le téléportateur qui permettait de recevoir instantanément un objet chez soi. Cet appareil fonctionnait grâce à la reproduction des particules du modèle d'origine.
La petite gélule de forme ovale ressemblait à n'importe quel autre médicament.
Dès que nous l'eûmes entre les mains nous l'avalâmes.
Nous venions, en même tant que des millions d'habitants, de pactiser avec le diable. Tout à notre joie, l'idée que cette histoire tournerait mal ne nous a même pas effleuré.
Les jours qui suivirent furent des jours de fêtes. Les personnes les plus téméraires testèrent l'efficacité de la gélule en se jetant de ponts, en créant des accidents ou encore en avalant des tonnes de médicaments incompatibles. Tous survécurent, malgré les horribles blessures qu'ils s'étaient infligés. La fête dura plus d'un mois, mais malgré notre immortalité et notre joie, nous n'étions pas à l'abri de la faim et les réserves de nourriture commençaient à manquer. Une seule solution s'offrait à nous : recommencer à travailler. Les années passèrent ainsi, joyeuses, en compagnie de nos trois nouveaux enfants. Nous faisions tout ce que nous n'avions jamais fait auparavant par peur ou par interdiction. Saut à l'élastique, parachutage, apnée de longue durée, cascades, figures acrobatiques, test d'aliments inconnus et bien d'autres choses toutes plus palpitantes les unes que les autres furent à la mode. L'activité économique connut une importante recrudescence, augmentant le nombres d'usines et par la même occasion, diminuant le chômage. Tout allait pour le mieux.
Mais au bout d'une cinquantaine d'années de joie pure, la place ainsi que les vivres commencèrent à manquer. La population qui venait de connaître une augmentation fulgurante des naissances, ne cessait d'augmenter et le taux de mortalité n'était plus là pour compenser. Cela ne pouvait pas continuer ainsi, des mesures devaient être prises. Une seule solution était envisageable : interdire la procréation. Au début, tout à notre bonheur, nous ne nous en formalisâmes pas outre mesure. Mais les années passants et la vague de joie retombée, nous commençâmes à nous inquiéter. Nous étions certes immortelles, mais le temps continuait à laisser les traces de son passage sur nos corps et le nombre de personnes âgées ne cessait d'augmenter. Les personnes qui auraient dû mourir dans les divers accidents avaient la vie sauve mais en portaient les séquelles toute leur vie, c'est-à-dire, éternellement. Les scientifiques cherchèrent une solution, en vain. Nous ne croisions plus dans la rue que des personnes ridées, défigurées, handicapées et les gens commençaient même à déprimer devant ce triste spectacle. Le population qui n'avait cessait d'augmenter avait produit de plus en plus de déchets et avait rejeté des tonnes de gaz nocifs dans l'atmosphère. Le résultat ne fut pas long à se faire sentir. Les températures augmentèrent, provoquant une monté des eaux qui engloutit plus d'un million de kilomètres de côtes. Les populations qui habitaient ces régions sinistrées durent migrer vers le centre des terres, accentuant d'avantage la concentration de population, déjà très élevée. Des milliers d'espèces animales disparurent à cause du bouleversement climatique trop fort et de la fonte totale de la glace au pôle nord.
Les artistes, dont la principale source d'inspiration était liée à la mort, la peur, la perte d'un être cher, disparurent petit à petit ainsi que les poètes, les écrivains et toutes ces personnes qui nous avaient jadis aidé à rêver.
Certaines personnes essayèrent d'avoir des enfants malgré l'interdiction. Les bébés, à défaut de pouvoir être éliminés, furent emprisonnés ainsi que leurs géniteurs.
Les industries, continuaient à fonctionner, fabriquant le néfaste nuage noir qui se trouve maintenant au dessus de nos têtes. Les gens perdirent toute ambition ; pourquoi faire aujourd'hui ce que l'ont peut faire demain, le siècle prochain ou dans des millions d'années ?
Toutes les personnes qui avaient jusqu'à présent passer leur vie à essayer de découvrir le plus de choses possibles avaient arrêté leurs recherches, entraînant la stagnation de la qualité de vie. Stagnation qui ne tarderait pas à se transformer en diminution.
La famine ne tarda pas à se répandre, les gens, devenus trop vieux pour travailler la terre malgré l'aide des machines, ne produisaient plus assez de vivres. Cette famine, l'écoeurement de cette vie trop longue et sans surprises, l'interdiction de procréer, entraînèrent rapidement une vague de mécontentement.
Toutes les personnes valides, prirent les armes et défilèrent dans la capitale. Leur slogan que l'on avait jamais entendu auparavant était : " laisser nous mourir pour profiter de la vie". Mais cette manifestation fut pratiquement sans effet. Les gouvernements, qui n'avaient cessé de se succéder, étaient totalement dépassés et n'avaient aucune réponse à nous proposer. Les rares scientifiques qui exerçaient encore leur profession cherchèrent bien un antidote, mais sans succès. Cependant, le travail de la terre devenant presque impossible pour des personnes de plus de 100 ans, fut bientôt remplacé par la fabrication de gélules insipides contenant tous les nutriments nécessaires pour une journée. Cette gélule censée améliorée notre quotidien ne fit que le rendre encore plus morne.
Les constructions tombèrent peu à peu en ruine faute d'artisans.
Tout le monde, sans exception, se mit à se droguer pour oublier ce quotidien sans saveur.
Nous nous cloîtrâmes bientôt chez nous. Nous ne parlions plus à personne, n'avions plus rien à nous dire, nous nous connaissions déjà tous par coeur. Nous nous languissions en silence .
Des milliers d'Africains souffrent de la faim mais plus personne n'en a plus rien à faire ; après tout, ils n'en mourront pas . J'avoue m'être moi même désintéressée de leur sort.
Cette gélule, que nous croyons salvatrice, avait été le pire fléau que l'humanité aie jamais connu. La seule chose capable d'ôter tout intérêt à la vie.
Nous sommes tombés dans ce piège infernal malgré les maints avertissements des religions.
Si seulement nous n'avions pas croquer dans cette pomme interdite.
Les grecs ne nous avaient-ils donc pas prévenu que l'acte d'hubris était puni ? En y réfléchissant, cet Arnold Shmuck serait le Prométhée moderne. Celui qui déroba le feu au dieux pour l'offrir à l'humanité et qui en fut puni pour l'éternité, condamné à une souffrance sans nom. Le feu de notre Arnold Smuck était l'immortalité, privilège suprême des dieux dans toutes les religions. Mais, chose normale, nous avions du assumer en même tant que lui.
Les dieux de l'Olympe nous avaient averti grâce à l'exemple de la malédiction de Tantale. Tantale, voleur de l'Ambroisie, boisson qui profère l'immortalité . . .
Nous aurions du tirer des leçons des erreurs de nos ancêtres pour ne pas les reproduire.
Nous avions obligé une chose : pan metron.

# Posté le mercredi 10 mai 2006 09:32

Modifié le jeudi 11 mai 2006 12:08